Cap Tribulation

Encore un prétexte pour prolonger le voyage.

J’ai ressorti nos photos et je me aidée de croquis que j’avais faits sur ces plages du Queensland, au nord-est de l’Australie, pour retrouver l’ambiance du sable chaud et l’odeur des noix de coco.

C’était dans la région de Cap Tribulation, au coeur d’un luxuriant parc national : la forêt de Daintree. On partait alors sur les traces du Casoar…

Souvenirs de route

Back on the road ! On m’a commandé une aquarelle d’un paysage ou d’un souvenir de mon voyage en Australie.

centre_rouge_katatjutaC’est un bon prétexte pour replonger dans les photos et revivre un bout d’aventure. La terre est rouge et les couleurs sont chaudes, bien qu’on soit en plein hiver et qu’on se gèle la nuit !

En fond, les Kata-Tjuta s’érigent en 38 monolithes au milieu de la pleine, captant la lumière du soleil couchant. Comme Uluru, ce sont des lieux sacrés pour les peuples aborigènes, et très caractéristiques de cette région centrale de l’Australie.

Sur ZoomTheGlob (notre blog de voyage), je raconte notre rencontre avec Uluru et les Kata-Tjuta.

Simplement 2017

Brillantes, affutées, elles me faisaient de l’oeil depuis tout à l’heure, là, posée sur mon bureau. C’est mon cadeau de Noël. J’ai pas encore eu le temps de les étrenner. Il est tard, je suis claquée. Allez, juste un peu pour tester. Je dois bien pouvoir trouver une chute de lino quelque part dans un tiroir…

2017

Ça s’enfonce comme dans du beurre.

Le cri du lino me chatouille les oreilles. C’est le kiffe. Addictif. Presque jouissif.

Ça glisse tout seul. La gouge décide. on verra où ça nous mène. Il est tard, je suis trop claquée pour réfléchir.

J’avais pas d’idée pour vous souhaiter une bonne année. J’ai trouvé !

Il est 2h du mat’ mais rien à faire. Un peu d’encre sur le rouleau. Ma bonne année est un essai !

Qu’elle soit pleine de surprises, de découvertes, de petits kiffes du quotidien, comme ça, juste pour rien.

On sort l’argenterie ?

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Après le retour de voyage, j’ai ressorti les gouges et les plaques de lino.

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J’avais en tête ces drôles de bêtes que l’on a pu découvrir au long de notre périple australien. Comme le Jabiru, ce drôle d’oiseau qui vole les pattes écartées et que l’on aperçoit au bord des rivières et des billabongs dans la région de Darwin.

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Une fois les plaques gravées, je fais des tests d’impressions, d’abord sur du papier.

print_test2C’est pour réaliser une série de serviettes de table. J’ai trouvé du beau tissu, du lin naturel et du coton vert pomme. Je me suis appliquée à faire les ourlets (loooongue journée de couture).

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Pour faire l’impression sur le tissu, j’ai embauché des bras musclés. Non parce que sans presse, c’est physique ! On ne se rend pas compte, comme ça, mais en vrai, on a transpiré !

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Reste à placer la frise sur les côtés. J’ai gravé un motif qui rappelle un élément du visuel pour chaque plaque.

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Ensuite, il faut attendre que ça sèche. Mais en ce moment, à Bordeaux, c’est la mousson… alors il a fallu plus de deux semaines.

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Mais le résultat est plutôt cool !

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En vrai, l’impression est assez inégale. C’est plus ou moins foncé, c’est plus ou moins centré, c’est artisanal ! Je préfère le rendu sur le lin, la trame du tissu accroche mieux l’encre. Mais le côté coloré du coton donne un peu de peps aussi.

La série est composée de 6 visuels : un kangourou, un koala, un jabiru, un ornithorynque, un casoar et un wombat. J’ai un set complet en lin plus 2 serviettes, et deux sets en coton vert. Elles seront bientôt en vente. Il faut que je les repasse et que je prenne de belles photos.

table1Mais d’abord… à taaaaaable !

Jolie Bordeaux

Ce week end, c’était la 4ème rencontre nationale Urban Sketchers France. Pas d’excuse de louper l’évènement, ça se passait à Bordeaux. C’est un mouvement de croqueurs de rues qui organise de temps en temps des rassemblements pour faire du dessin une activité un peu plus sociale. En gros. Mais c’est mieux dit par ici : Urban sketcher, qui sommes-nous ?

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C’était une belle occasion de ressortir les crayons et les carnets (qui sont restés relativement bien rangés dans les tiroirs depuis mon retour en France). Une belle occasion aussi de prendre l’air (plutôt frais le samedi) et de retrouver notre jolie ville.

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C’était bien cool de revoir les copains, de dessiner ensemble, de faire de belles rencontres, de trouver des conseils aussi, d’intriguer les passants qui se demandaient quelle était cette nouvelle espèce qui envahissait les trottoirs et les places.

Parce qu’on était nombreux, et assez repérable avec nos carnets à dessin ! Au moins 200 (d’après les organisateurs. La police ne s’est pas prononcée à ce sujet), venus de toute la France !

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Le dimanche on a remis ça. On en a fait des kilomètres à pieds ! Même que le soleil nous a accompagné.

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Ca m’a même donné envie de recommencer les croquis du jour, que j’avais lâchement abandonné avant de partir de l’autre côté du globe.

Merci à Julie, Christine, Cédric et tous les autres gentils organisateurs qui ont permis à ce  week-end d’être si beau !

 

 

En direct du bush !

Non, je ne me suis pas évaporée dans la désert…

Non plus, je n’ai pas rôti sous le soleil de l’hémisphère sud.

Combiner mon travail d’illustratrice et le voyage n’est pas aussi évident que ce que j’avais imaginé… Mais on s’organise, on prend le temps. Parfois on trouve une maison à garder pour que je puisse retrouver, l’instant d’un mois, le rythme acharné que j’avais en France. Parfois on roule pendant des heures et l’ordinateur se recharge, branché sur la seconde batterie. Ça me permet de travailler quelques heures en fin de journée, les reflets d’un coucher de soleil sur l’écran (mais on s’y fait). L’avantage, c’est que la vue depuis mon bureau change constamment…

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Mais maintenant que notre glob de voyage tourne tout seul, il est temps que je remette celui-ci à jour. Parce qu’il se passe quand même des choses, côté illustration !

Danse, Hinatea ! écrit par Annelise Heurtier depuis les îles du Pacifique, et illustré entre la France et l’Australie (par moi). Un album qui vous fera un peu voyager, j’espère ! J’avais eu cette pulsion de vouloir faire quelque chose en vraie peinture qui tâche, genre de la gouache, sur des feuilles qui ne rentrent juste pas dans le sac à dos, histoire que ce soit un peu plus galère de transporter tout le matos en voyage…

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Danse, Hinatea ! éditions Au vent des îles

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Danse, Hinatea ! éditions Au vent des îles

C’est au moment où j’ai du rincer ma palette, mes pinceaux et vider le pot d’eau bien crado dans le lavabo de la salle de bain immaculée d’une famille très gentille, certes, mais un peu tendue du rangement et de la propreté, que j’ai compris que la peinture qui tâche c’était pas le bon plan en voyage…

Bon après on a rencontré Jenni et son magnifique studio. Je finissais mes illus, elle avançait sur ses toiles, et on buvait des rhums. Un contexte bien plus approprié.

Ca m’a quand même servi de leçon, et j’ai troqué les pinceaux contre le stylet pour mon travail suivant. Ce nouvel album Mazort Fugus, les concerts extraordinaires, écrit par Perrine Joe, a aussi de quoi vous faire voyager !

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Mazort Fugus, les concerts extraordinaires

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Mazort Fugus, les concerts extraordinaires

A paraître aux éditions Auzou, courant octobre, dans un beau grand format !

Et puis, entre deux croquis d’Australie, je continue à travailler sur la partie jeunesse du site internet d’une médiathèque… c’est un long gros boulot, mais ça risque d’être bien chouette !

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page découvrir, site web médiathèque de St Médard-en-Jalles

Les premières nuits étoilées

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Quand j’ai parlé d’un palace 5 étoiles, j’ai été un peu modeste… j’aurai du parler d’un palace 234 milliards d’étoiles, mais vous auriez peut être trouvé que j’exagérais…

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Voici quelques bouts de nos nuits sur la route, de Busselton à Frankland River, en passant par Augusta, Pemberton et Manjimup :

– notre pote noctambule de Grace Camp à Busselton…

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… et la chorégraphie des oiseaux du petit déjeuner.

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– s’endormir à la nuit tombée sur la route du Cap Clairault…

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… et se réveiller avec les premiers rayons du soleil.

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– la bouffée d’air d’une fraîche matinée dans le parc national Leeuwin-Naturaliste

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– Grass Tree Hollow Camp pour nous tout seul le temps d’une nuit

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– une matinée de boulot sur Big Brook Dam

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– une nuit cadencée par les grincements du pont de Toneridge sous le passage des énormes camions…

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… et un réveil violemment orchestré par les cacatoès cacophoniques !

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Ces deux petites semaines sur la route nous amènent dans les terres vinicoles de Frankland River, à la rencontre d’une chouette famille franco-australienne. C’est sur leur terrain que nous plantons le van. Et d’ici que nous verrons nos prochains couchers de soleil.

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Depuis presque 2 semaines, Ben travaille dans le vignoble avec Lee, et moi j’ai repris mes pinceaux numériques pour des aventures un peu plus abracadabrantes !

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Mais très vite, à bord de notre bolide jaune nous arpenterons à nouveau la route (goudronnée ou non…) à la découverte d’un autre petit bout de ce si grand pays !

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(la plupart des photos, surtout les plus belles, sont prises par Benjamin… Mais je me permets d’en poster quelques unes ici (sans retouches, je lui laisserai ce plaisir) en attendant qu’on mette en place notre blog commun qui commence à se faire désirer…^^)

En route !

Il y a presque 5 mois nous rendions notre appart de Gradignan. Il y a un peu plus de 3 mois nous atterrissions à l’autre bout du monde. Il y a presque deux mois nous entamions une nouvelle année. Il y a un peu plus de trois semaines nous emménagions.

Voici notre nouvelle maison !

1_1Elle est très jaune, elle a 4 roues (mais pas motrices), elle sent bon le vernis chaud, la sueur et l’huile de coude. Un intérieur sur mesure pour nos prochains mois sur les routes australiennes.

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Flash back sur cette aventure :

Après avoir épluché les petites annonces sur gumtree (« le bon coin » d’ici), nous avons dégoté ce super bolide, couleur banane, odeur tropique (comprenez sueur… mais c’est moins poétique). Un bon coup de carsher à l’intérieur, un peu de savon sur les sièges, et en avant la bricole.

1_2A ce moment là, nous commencions tout juste un nouveau help eXchange. Alors que nous pensions avoir placé la barre très haut en commençant chez Jenni et David, nous nous retrouvons sur les collines de Dunsbrough, une nouvelle fois au milieu du bush. Une nouvelle fois dans une maison sublime (avec un petit cottage privé rien que pour nous). Une nouvelle fois accueillis par des gens formidables. Si les premiers kangourous que l’on a vus en Australie étaient morts sur la route puis cuisinés dans nos assiettes, on s’est bien rattrapé chez Graham et Shirley : nous étions littéralement au milieu des kangourous !

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Nos journées commençaient vers 7h, avec 2 ou 3 heures de travail le matin : couper du bois, ramasser les feuilles, nettoyer les allées dans le jardin, nettoyer les toiles d’araignées (en Australie, il y a beaucoup d’araignées, et donc forcément, beaucoup de toiles. Les Daddy long-legs sont celles que l’on trouve souvent dans les maisons, elles sont particulièrement productives en matière de toile…). La pause thé de 10h annonçait la fin du travail, ce qui nous laissait ensuite un bon morceau de journée pour explorer les environs, et construire notre nouvelle maison…

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Il faut se rendre à l’évidence, on connaît mieux le garage de Graham que la plage de Dunsborough… On y a passé du temps à scier, à mesurer, à percer, à clouer, à visser, à découper, à coller, à poncer… A vouloir tout faire pile poil pour gagner le max de place et à souvent faire tellement pile poil que plus rien ne rentrait.

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Alors on en a passé du temps à limer, à remesurer, à repercer, à déclouer, à dévisser, à recouper, à recoller, à réparer… (tout ça sous le regard amusé des kangourous).

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On en a fait des aller-retours entre la ville la plus proche (ou la moins loin) pour acheter du bois, des charnières, des vis, des clous, de la colle, du silicone, des équerres… puis encore du bois puis des charnières puis des vis puis…

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On en a passé du temps à suer, à pester, à s’émerveiller, à s’engueuler un peu quand même parce que cette pu**** de vis elle sort pas droit, parce que t’as fait tomber la glissière dans la terre et que j’ai coupé toutes les planches du mauvais côté, parce que la bouteille de gaz elle rentre pas à l’emplacement prévu et qu’il fait trop chaud dans ce pays. Et puis on en a passé du temps à s’encourager, à se remotiver, à se féliciter et à danser sous la pluie quand tout était presque fini.

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Et puis Albert a eu besoin d’un coup de main dans la maison qu’il construit. C’est un ami de Graham et Shirley. Quelques jours de travail rémunéré, on n’a pas dit non. On a pris nos clics et nos clacs en cours de finition, on a tout bourré dans le van avec les sacs qu’on n’a même pas pris la peine de boucler, et on est parti dans ce joyeux bordel direction Walpole.

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Interlude peinture, passage des sous-couches blanches sur les murs et les plafonds de 4mètres de haut. Nos premières nuits dans le van en vrac, la terre noire qui s’infiltre partout, la douche froide et les repas au réchaud. Albert est parti en fermant la maison, on pouvait rester camper sur son terrain, il nous a laissé l’eau courante à l’extérieur. On a continué à bricoler notre aménagement. Le chantier du terrain ajouté au chantier de notre van, ce n’était pas très joli à voir…

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Ce qui ne nous a pas empêché de nous lancer dans la grande cuisine ! (petite dédic’ à Sylvain avec cette recette de batbout… mais je crois que la levure de boulanger déshydratée est morte… elle n’a pas du supporter les 50°C de chaleur ambiante)

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Les kangourous nous manquaient, les outils aussi (on peut faire une bonne promo pour Leatherman, mais on a atteint les limites)… ce qui nous a décidé à retourner quelques jours chez Graham et Shirley. Retour au confort et à la petite routine de Yungarra Drive, aux soirées bien arrosées et aux longues discussions passionnées !

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Ces quelques jours sont vite devenus une semaine, mais ça nous a permis de terminer, voir même de peaufiner. (Comme ce n’est jamais réellement fini, on a trouvé le moyen de construire encore un nouveau meuble, au Leatherman, dans un camping plus tard… mais c’est une autre histoire!)

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Aujourd’hui on peut enfin vous le présenter ! C’est un van Kia Pregio de 2004, 145 000 km au compteur quand on l’a acheté, jaune, et maintenant tout équipé :

– un clic-clac trouvé d’occaz’ sur gumtree, avec un set complet de draps, couette et taies d’oreillers données par la maman de Robin, et deux gros oreillers de Shirley

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– Notre évier en cul-de-poule et son bras de douche en guise de robinet, 5$ dans un « salvage » (un hangar qui vend des matériaux de construction d’occasion, en gros). Un système de pompe installée par Ben pour avoir l’eau courante, s’il vous plaît.

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– vaisselle, couverts, bassine, assiettes, bols, mugs, torchons, poelles et casseroles, une bonne partie gentiment donnée par Shirley et Graham, et l’autre récoltée au gré des « second hand shop ». Recyclage de notre boîte de Ferrero Rocher de Noël en boîte à couvert. Et la petite touche distinguée : nos serviettes de tables made by Jenni (impressions de linogravure sur lin)

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– Nos rideaux dans des chutes de tissus données par la maman de Robin (suivi d’une joyeuse séance de couture avec Jenni et Robin)

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– Deux douches solaires, un store roulant qui se fixe sur le côté du van, des jerricanes, généreusement donnés par Charles le-grey-nomad ami de Nazih-le-libanais-qui-nous-a-vendu-le-van.

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– Des meubles sur mesure : une cuisine coulissante à l’arrière, un coffre à côté du canap’ et une armoire pour nos fringues et la bouffe. (le lit surélevé pour le passage de roue permet de stocker aussi un bon paquet d’affaires…)

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Le tout complété par quelques achats (un petit frigo 12V, une table et des chaises et quelques bricoles pour installer l’électricité avec une seconde batterie, de quoi recharger l’ordi portable et regarder quelques séries le soir au chaud sous la couette…)

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et ça vous donne un palace 5 étoiles, avec vue sur l’océan… Ou bien sur le bush… ou sur une falaise, un lac, une rivière, une montagne, un kangourou c’que vous voulez !

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A nous la liberté !