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Gravure, mon amour

Je continue dans mon élan de découverte et d’expérimentation ! Le week-end dernier, j’ai suivi un stage de gravure animé par Bilitis, à l’Atelier de la main gauche.

Deux jours d’initiation à l’eau-forte, l’aquatinte et la pointe sèche.

Deux jours à gratter le cuivre et le zinc, les mains dans les gants, les gants dans l’acide. À encrer puis essuyer les plaques avec patience et sensualité. Et sans gants, cette fois-ci, s’il vous plaît. Il faut pouvoir sentir. Et les gants, aussi fins soient-ils, ne permettront jamais ce contact de la peau. « C’est ce que les vendeurs de préservatifs essaient de nous faire croire, mais on sait bien que c’est faux ! » nous dit Bilitis.

Deux journées riches en suspens et en surprises. L’attente du tirage, le passage sous presse, la feuille que l’on retourne délicatement pour découvrir enfin le résultat.

Parce qu’au départ, difficile de savoir à quoi s’attendre…

La gravure a ce côté magique qui me fascine, qui m’oblige à accepter l’imperfection, qui demande de ne pas vouloir absolument tout maîtriser.

C’est une création à retardement. Et l’on se retrouve un peu spectateur de son oeuvre.

Vous l’aurez compris, la gravure ça me plaît, et j’ai une irrésistible envie de recommencer !

Jolies couleurs

Je vous avais raconté ma récente découverte d’une bien chouette association, ici à Castanet-Tolosan : Couleurs en herbe, qui anime des ateliers et des sorties autour des plantes locales et de leurs usages, et notamment de la teinture végétale.

On avait vu la vie en bleu pendant une belle journée consacrée au pastel (que vous pouvez retrouver en image dans cet article)

Le problème avec ce genre de découverte, c’est que quand tu commences à mettre le doigt dedans, t’as vite envie de creuser plus loin, d’y laisser un bras et de t’y perdre tout entier. Un peu comme la gravure, ça peut très rapidement devenir un gouffre sans fond qui t’appelle et s’ouvre en te dévoilant ses possibilités infinies. « Vieeens voir par ici…« , dirait ce gouffre « …découvrir les mille surprises que je te réserve. » en pensant sadiquement « Niark niark, tu n’en sortiras jamais…« .

Bref, du coup, forcément, j’ai replongé, et la tête la première.

L’autre jour donc, Couleurs en herbe organisait une initiation à la teinture végétale sur coton. On y a percé les secrets de la gaude, de l’artichaut, de l’oignon et de la garance.

Contrairement à l’indigo qui se fixe naturellement sur la fibre textile, il faut, pour ces plantes là, préparer le tissu en amont. C’est cette étape du mordançage qui permettra ensuite de fixer le colorant sur le coton.

Après, ça se joue entre petit chimiste et soupe à la sorcière. On pèse, on touille, on laisse macérer, on fait infuser…

… on goûte pour ajuster l’assaisonnement. Quand c’est cuit, on retire du feu.

On peut nuancer les couleurs en trempant le tissu, après coup, dans un bain de sulfate de cuivre ou de sulfate de fer, selon l’effet voulu.

Le jaune de la gaude tire légèrement sur le vert anis, celui de l’artichaut devient carrément kaki. C’est instantané, ça fait son petit effet !

Avec un beau nuancier comme ça, on est paré pour le printemps !

La vie en bleu

Le mois dernier, j’ai participé à un atelier de teinture végétale organisé par l’association Couleurs en herbe. En tant que nouvelle toulousaine, difficile de passer à côté de la magie du pastel !

Un petit peu d’histoire

Le pastel des teinturiers, c’est un peu LA plante emblématique de la région toulousaine. La ville rose qui prospère grâce au bleu… qui l’eut cru !? C’est entre le 15eme et le 16eme siècle que l’exploitation du pastel atteint son apogée dans la région.

L’extraction du pigment indigo se fait à partir de la feuille de pastel. Je vous passe les détails, mais en gros, la technique d’extraction connue à cette époque prend des plombes : le processus dure environ deux ans, de la culture de la plante à la réduction du pigment en poudre, en passant par la fabrication des cocagnes (des boules de feuilles broyées). Si vous voulez en apprendre plus, je vous laisse faire un tour sur l’article wikipedia.

A partir du 16ème siècle , le pastel commence à se faire détrôner par un concurrent plus productif, venant d’Orient : l’indigotier (indigofera tinctoria). Les mauvaises récoltes et les guerres de religions finissent d’anéantir la production de pastel en Europe. Et puis petit à petit les couleurs de synthèse remplacent les pigments naturels.

Aujourd’hui, des passionnés tentent de remettre le pastel à l’honneur, et ont découvert des techniques d’extraction beaucoup plus rapides qui ne nécessitent pas beaucoup de matériel.

L’atelier : une journée autour du pastel

On fait d’abord connaissance avec la collection de plantes à indigo de Catherine.

Puis on découvre la magie de la nature en réalisant les empreintes de ces feuilles.

Au départ, c’est tout vert. C’est du jus de feuille. Mais le passage à l’eau savonneuse et à l’air fait son petit effet…

Le vert disparaît  et la magie opère… pour laisser place au bleu ! Moins romantique, plus scientifique : cette couleur bleu vient d’une oxydation à l’oxygène.

La tisane au pastel

Maintenant qu’on sait qu’il y a bien du bleu là dedans, on va tenter de l’extraire.

C’est assez impressionnant de voir les couleurs évoluer à mesure que le mélange s’oxyde !

La réaction terminée, on s’aperçoit qu’il y a de petites particules en suspension dans le liquide : c’est notre pigment , c’est l’indigo ! C’est-y pas dingue ça madame ?!

Il ne reste plus qu’à récupérer notre précieux.

On laisse faire la gravité. Il faudra bien attendre la fin de la journée pour voir la récolte de notre dur labeur.

La teinture

Après une pause casse-croûte, on s’attaque à la préparation d’une cuve de teinture. Pas directement à partir de la récolte du matin. Déjà, parce que Dame Gravité prend vachement son temps, et puis surtout parce qu’il aurait fallu un peu plus de feuilles pour obtenir une quantité suffisante de pigment. Pour avoir une idée, le ratio c’est une tonne de feuille de pastel pour 2kg de pigment !

Du coup, on utilise un pigment du commerce : de l’indigo d’Inde (provenant de la plante Indigofera Tinctoria)

Et un peu de vitriole… noooooon 😉

Notre cuve est prête à recevoir qui veut devenir bleu !

Le premier test est un succès : sous nos yeux ébahis, la magie se produit, l’oxydation aussi.

Des cocottes en tissus

La belle découverte de l’après midi, c’est le shibori.

Le shibori est une technique de teinture japonaise qui consiste à créer des réserves par pliages, noeuds, froissages… La teinture ne peut pas pénétrer dans toutes les zones du tissu, et on obtient alors des motifs plus ou moins réguliers.

On prépare avec soin nos pliages. On expérimente. On noue, on plie, on coud. Un peu au hasard ou en s’aidant de bouquins.

On les plonge dans la cuve pendant quelques minutes…

On rince. Puis on déplie, on découd, on défroisse et on découvre nos motifs. Souvent, c’est la surprise !

Il faudrait un peu plus de pratique pour pouvoir réellement anticiper le résultat de nos pliages… Mais c’est cet imprévu et ce côté aléatoire qui me plaisent bien et qui rendent cette technique si intéressante.

La journée se termine. Je rentre avec de jolis tissus dans les poches et de nouvelles idées en tête !

Un grand merci à Catherine pour cet atelier passionnant et riche en découvertes, à Kattrin pour ses photos qui sont venues compléter les miennes, et à tout le petit groupe qui a largement contribué à la bonne ambiance de cette journée !