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2018, année insolite !

Vous reprendrez bien une louche ou deux…

Pour 2018, je vous propose un menu Do it yourself : une soupe extraordinaire par jour à composer soi-même.

Une soupe réconfortante pour les jours trop gris ? Une soupe du potager aux gouttes de sueurs ? Une soupe veloutée ou une soupe avec des bouts ? Une soupe de lettres pour écrire des mots doux sur le bord de l’assiette ? Une soupe de fin de semaine aux restes du frigo ? Une soupe chou cailloux qu’on mange sur les genoux ? Une soupe à la sorcière qu’on prépare avec les frangins au fond du jardin de mamie ? Une soupe de l’amitié à concocter ensemble ? Une soupe de champagne pour trinquer à de nouveaux projets ?

Je vous laisse composer votre menu de l’année. Souvenez-vous que si vous avez fini de grandir, une soupe de plus ne devrait pas non plus vous faire rapetisser.

Une belle année à tous, riche en croûtons et en vitamines !

PS : je vous souhaite aussi beaucoup de morceaux de beurre à faire fondre dedans !

Le Déficembre de Linoël

Le 1er décembre, je me lançais un auto-défi : un calendrier de l’avent de la micro-gravure. Un marathon de mini créations, à raison d’une toute petite gravure sur gomme par jour, que je posterais au fur et à mesure sur ma page Octoplazm.

Le 2 décembre, je tombais par hasard sur le blog de Palina Charabia, qui nous proposait de se joindre à son aventure calendriesque : elle attendrait nos petites créations, textes ou images inspirées par un thème qu’elle donnerait tous les jours.

Ca tombait au poil : j’appliquerais scrupuleusement les thèmes de Palina à mes gravures.

25 jours plus tard, voici le résultat :

Je vous invite à aller voir les créations de toutes les participantes. Entre émotion, surprises et bonnes parties de fous rire, c’est une chouette aventure que nous avons partagée à travers ce calendrier improvisé 😉 Merci à vous les filles !

La vie en bleu

Le mois dernier, j’ai participé à un atelier de teinture végétale organisé par l’association Couleurs en herbe. En tant que nouvelle toulousaine, difficile de passer à côté de la magie du pastel !

Un petit peu d’histoire

Le pastel des teinturiers, c’est un peu LA plante emblématique de la région toulousaine. La ville rose qui prospère grâce au bleu… qui l’eut cru !? C’est entre le 15eme et le 16eme siècle que l’exploitation du pastel atteint son apogée dans la région.

L’extraction du pigment indigo se fait à partir de la feuille de pastel. Je vous passe les détails, mais en gros, la technique d’extraction connue à cette époque prend des plombes : le processus dure environ deux ans, de la culture de la plante à la réduction du pigment en poudre, en passant par la fabrication des cocagnes (des boules de feuilles broyées). Si vous voulez en apprendre plus, je vous laisse faire un tour sur l’article wikipedia.

A partir du 16ème siècle , le pastel commence à se faire détrôner par un concurrent plus productif, venant d’Orient : l’indigotier (indigofera tinctoria). Les mauvaises récoltes et les guerres de religions finissent d’anéantir la production de pastel en Europe. Et puis petit à petit les couleurs de synthèse remplacent les pigments naturels.

Aujourd’hui, des passionnés tentent de remettre le pastel à l’honneur, et ont découvert des techniques d’extraction beaucoup plus rapides qui ne nécessitent pas beaucoup de matériel.

L’atelier : une journée autour du pastel

On fait d’abord connaissance avec la collection de plantes à indigo de Catherine.

Puis on découvre la magie de la nature en réalisant les empreintes de ces feuilles.

Au départ, c’est tout vert. C’est du jus de feuille. Mais le passage à l’eau savonneuse et à l’air fait son petit effet…

Le vert disparaît  et la magie opère… pour laisser place au bleu ! Moins romantique, plus scientifique : cette couleur bleu vient d’une oxydation à l’oxygène.

La tisane au pastel

Maintenant qu’on sait qu’il y a bien du bleu là dedans, on va tenter de l’extraire.

C’est assez impressionnant de voir les couleurs évoluer à mesure que le mélange s’oxyde !

La réaction terminée, on s’aperçoit qu’il y a de petites particules en suspension dans le liquide : c’est notre pigment , c’est l’indigo ! C’est-y pas dingue ça madame ?!

Il ne reste plus qu’à récupérer notre précieux.

On laisse faire la gravité. Il faudra bien attendre la fin de la journée pour voir la récolte de notre dur labeur.

La teinture

Après une pause casse-croûte, on s’attaque à la préparation d’une cuve de teinture. Pas directement à partir de la récolte du matin. Déjà, parce que Dame Gravité prend vachement son temps, et puis surtout parce qu’il aurait fallu un peu plus de feuilles pour obtenir une quantité suffisante de pigment. Pour avoir une idée, le ratio c’est une tonne de feuille de pastel pour 2kg de pigment !

Du coup, on utilise un pigment du commerce : de l’indigo d’Inde (provenant de la plante Indigofera Tinctoria)

Et un peu de vitriole… noooooon 😉

Notre cuve est prête à recevoir qui veut devenir bleu !

Le premier test est un succès : sous nos yeux ébahis, la magie se produit, l’oxydation aussi.

Des cocottes en tissus

La belle découverte de l’après midi, c’est le shibori.

Le shibori est une technique de teinture japonaise qui consiste à créer des réserves par pliages, noeuds, froissages… La teinture ne peut pas pénétrer dans toutes les zones du tissu, et on obtient alors des motifs plus ou moins réguliers.

On prépare avec soin nos pliages. On expérimente. On noue, on plie, on coud. Un peu au hasard ou en s’aidant de bouquins.

On les plonge dans la cuve pendant quelques minutes…

On rince. Puis on déplie, on découd, on défroisse et on découvre nos motifs. Souvent, c’est la surprise !

Il faudrait un peu plus de pratique pour pouvoir réellement anticiper le résultat de nos pliages… Mais c’est cet imprévu et ce côté aléatoire qui me plaisent bien et qui rendent cette technique si intéressante.

La journée se termine. Je rentre avec de jolis tissus dans les poches et de nouvelles idées en tête !

Un grand merci à Catherine pour cet atelier passionnant et riche en découvertes, à Kattrin pour ses photos qui sont venues compléter les miennes, et à tout le petit groupe qui a largement contribué à la bonne ambiance de cette journée !